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Publié le 14/04/2020 11:40

Gilbert Bayiha :”Le coach Cuperly m’avait fait appeler, à l’hôtel, par Joel Bats”

Alors que le football est logiquement à l’arrêt et que la période est au confinement pour nos joueurs, dirigeants et staffs sportifs ou administratifs, le GF38 vous propose, pendant cette période, d’aller à la rencontre d’ anciens du club.
Suite de la série avec Gilbert Bayiha, gardien de but grenoblois de 2002 à 2007.

“Avec plaisir mais je suis au Canada on aura six heures de décalage” nous a répondu Gilbert Bayiha par téléphone. Le rendez-vous est pris pour le lendemain. En direct de Longueuil, une ville du Québec située sur la rive sud du fleuve Saint-Laurent. “Ici, le gouvernement a très rapidement réagi en imposant le confinement dès le 13 mars. Tout le monde bosse de la maison avec notamment pas mal de vidéos conférences”. C’est donc le cas du nouveau directeur technique de Club Soccer Longueuil. “J’ai occupé ce poste en tant qu’adjoint pendant quatre ans avant d’être promu l’été dernier. J’apprends ce rôle de manager sur le tas et j’ai la chance de grandir avec ce club, c’est excitant.” En parallèle, celui qui a 40 ans est l’entraîneur de l’équipe semi-pro féminine lancée par son club. Mais au fait, comment s’est-il retrouvé, comme plus de 100 000 autres français, Outre-Atlantique?


Avec la tunique noire du GF38


“Alors ça, ça n’a rien à voir avec le football…même s’il m’a rattrapé aujourd’hui” sourit l’ancien gardien de but. “Après mon retour de Chypre, je suis resté un an en France car avec ma femme et notre nouveau-né, on ne voulait pas retourner à l’étranger malgré des offres d’Israël, d’Iran ou d’Azerbaïdjan. Sans propositions concrètes ici, on s’est dit qu’on pouvait entamer notre nouvelle vie là-bas.” A son arrivée, à 33 ans seulement, il intègre donc son club actuel comme joueur, puis éducateur et entraîneur des gardiens. J’ai fait une saison, en 2014, et on a été champions. Des amis m’ont alors poussé alors à aller taper à la porte de l’Impact de Montréal mais ce n’est pas mon caractère, je suis très humble. Et puis j’étais aussi venu ici pour lever le pied”. C’est donc toujours aussi dans les bureaux qu’il oeuvre désormais. “J’espère emmener ma philosophie et mon expérience au club. On veut faire grandir nos jeunes joueurs tout en obtenant l’équivalent en France du “Label” qui vient d’être crée ici”. Imaginait-il ce rôle cinq, dix ou quinze ans plus tôt? “Non! Honnêtement, je jouais au foot et je ne pensais pas à l’avenir. Par rapport à aujourd’hui, les footballeurs étaient moins préparés à leur reconversion à mon époque“.

A son époque, comme il le lit lui-même, il tape ses premiers ballons dans l’Oise avec un autre joueur marquant du GF38, son ami David De Freitas : “On est tous les deux originaires de l’Oise. On s’affrontait dans les équipes de jeunes puis on a joué ensemble avec l’équipe régionale. On s’est retrouvé à Grenoble et depuis, on est toujours très amis”. Pourtant, c’est en région parisienne que la carrière du Franco-Camerounais prenait un tournant : “J’ai fais mes classes au Red Star, où je suis passé pro puis je suis parti à Sedan (2001) qui était alors en D1. J’étais deuxième gardien puis c’est avec ce même statut que je suis arrivé à Grenoble un an après (2002)”. A 20-21 ans, il était jeune et devait attendre l’arrivée de Dominique Cuperly en lieu et place d’Alain Michel pour avoir sa chance. “J’étais stressé pour mon premier match à Gueugnon. On était à l’hôtel, en mise au vert, et le coach m’avait fait appeler par Joel Bats, alors entraîneur des gardiens de l’OL, pour me rassurer. Ça m’a marqué et j’ai derrière fait un super match d’ailleurs”. De retour de blessure Thierry Debes était alors relégué sur le banc de touche. Gilbert Bayiha restait donc cinq saisons à Grenoble, en alternant les titularisations et le rôle de doublure. “La constance m’a fait défaut” avoue-t-il. Je n’avais ensuite plus la confiance d’Yvon Pouliquen, Gregory Wimbée était arrivé aussi donc je suis parti à Chypre en prêt, puis définitivement six mois plus tard même si entre temps Mecha Bazdarevic voulait que je reste.” Une saison plus tard, le GF38 montait en Ligue 1 : “Je me suis dis merde, j’ai peut-être fait un mauvais choix. Mais j’étais heureux à Chypre, je jouais, ma famille et moi étions bien. Et j’ai eu la chance d’être appelé en sélection du Cameroun. Ce n’est arrivé qu’une fois et je n’ai pas joué mais j’ai de super souvenirs de ce match au Japon et du stage de préparation où j’ai pu côtoyer Rigobert Song, Samuel Eto’o…”. La fin de l’épisode chypriote était moins idyllique avec des retards de salaires notamment, ce qui conduisait le clan Bayiha à rentrer en France.

Avant le fameux grand saut, gagnant, au Canada…


Le nouveau responsable technique du Club Soccer Longueuil



Le mot de la fin de Gilbert Bayiha :

“J’ai beaucoup de souvenirs de Grenoble et du GF38. Mon petit appartement à Sassenage, le stade Lesdiguière et ses supporters, le centre d’entraînement de la Poterne. J’ai beaucoup de respect pour Monsieur Roger Garcin qui m’avait récupéré à la gare pour me faire visiter des appartements lors de mon arrivée. J’ai aussi été marqué par Max Marty qui m’a recruté, Christophe Galvin qui était mon entraîneur des gardiens et Yves Bourgey qui était préparateur physique et qui me concoctait des programmes spécifiques comme j’adorais la muscu. Je sais que Greg Kurkeden est encore là je le salue. Je me rappelle de Julien Deletraz, Nassim Akrour, Nasser Menassel, Francis N’Ganga, Steven Pelé, Olivier Saragaglia. Pour la petite histoire, j’ai même vu monter en pro, quand ils étaient jeunes gardiens, Paul Cattier et Brice Maubleu qui est le numéro 1 aujourd’hui.”


Photos : Justesoccer.com, gettyimages, Audrey Magny

Rédaction : A.S

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