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Publié le 18/04/2015 10:00

César Puente : « Ce n’est pas l’argent qui fait une montée »

A cinq matchs du terme de la saison, le président de la SASP du Grenoble Foot 38 fait le point   … Lire la suite

A cinq matchs du terme de la saison, le président de la SASP du Grenoble Foot 38 fait le point sur la situation sportive du club alors que la montée en National est, pour le moment, mal engagée. Il évoque également son année de présidence et parle du futur proche du club, qu’il soit en National ou en CFA.

Puente EurosportA cinq rencontres du terme de la saison, le GF38 compte six points de retard et un goal-average défavorable sur l’AS Béziers, actuel leader. Quel est votre jugement sur la situation sportive du club ?

On ne va pas se voiler la face, la montée en National sera difficile à aller chercher. Nos chances se réduisent match après match. Maintenant, sur le plan mathématique, nous ne sommes pas encore condamnés donc on va y croire jusqu’au bout. Béziers a un calendrier difficile donc sait-on jamais. Cela dit, il faut aussi que l’on remporte tous nos matchs sinon les potentiels faux-pas des Biterrois ne nous profiteront pas. Après, il faut être lucide, sur l’ensemble des matchs retour, on est à notre place. D’ailleurs, cela aurait été surprenant d’être largement leader à cette période au vue de notre phase retour.

Comment voyez-vous la fin de la saison ?

Déjà, je tiens à préciser que je ne suis pas devin. Maintenant, je pense que nos joueurs sont conditionnés et sont préparés physiquement pour être performants jusqu’au bout. Je ne veux dénigrer personne et notamment Béziers qui est une très bonne équipe, on l’a vu et qui n’est pas première par hasard. Mais sans prétention aucune, je pense que l’on est la meilleure équipe de la poule, ce que nos adversaires nous confirment régulièrement. Cela dit, ce ne sont que des paroles et cela ne se traduit pas au classement. Il reste encore cinq rencontres et c’est très long. Il peut se passer beaucoup de choses. Je pense clairement que rien n’est perdu et que l’on peut faire un sans-faute. C’est d’ailleurs le discours que j’ai tenu à Olivier Saragaglia à l’issue de la rencontre à Marignane samedi. Si par malheur, nous ne montons pas, il faudra féliciter Béziers car ils n’auront pas volé leur accession.

A votre avis, quelles sont les raisons de cette deuxième partie de saison en demi-teinte ? La qualification face à Marseille est-elle en cause ?

On m’a avancé cette hypothèse à de nombreuses reprises mais très honnêtement, je ne partage pas cet avis et je ne pense pas que les joueurs aient pris la grosse tête à la suite de notre succès contre Marseille. Je suis le GF38 depuis quelques saisons maintenant et je constate que le même scénario se répète constamment à savoir que le club réalise des débuts encourageants jusqu’à être leader ou être en très bonne position.

Rien n’est perdu

Ensuite, arrivent les matchs reportés et j’ai l’impression que l’on pense avoir gagné les matchs sans les jouer. On fait des calculs et on fait un classement virtuel alors que l’on n’a pas les points ! J’ai le sentiment que les calendriers devraient être adaptés à l’hiver quitte à jouer plus régulièrement ensuite. Mais chaque saison c’est la même chose avec des matchs remis, des conditions d’entraînements difficiles, des blessures qui font que l’on a du mal à vraiment reprendre et à enchaîner ensuite.

Puente Diri BéziersLe fait de ne pas remporter les matchs couperet en seconde partie de saison n’est-il pas le symbole d’une pression trop haute autour de cette équipe ?

La pression, elle est présente depuis le début de la saison lorsque l’on a affiché nos ambitions. En plus, cette saison, on a vraiment décidé de mettre de gros moyens pour une équipe de CFA. On leur a confié un beau jouet et cela a peut-être mis davantage de pression sur les joueurs. Mais si tel est le cas, on peut considérer que l’on est fautif au niveau de la direction.

Quels sont les degrés de responsabilité de chacun que ce soit joueurs, staff ou direction ?

La devise du club est « Ensemble, gagnons les sommets » donc même si l’on ne les gagne pas, il reste le terme « ensemble ». Dans les victoires comme dans les défaites, tout le monde possède sa part de responsabilité.

Samedi dernier, vous étiez à Marignane pour le match nul (0-0) du GF38. Malgré une rencontre cruciale pour la suite du championnat, la prestation d’ensemble est restée assez décevante. Quel est votre point de vue sur ce match ?

De toute façon, à partir du moment où les joueurs ne gagnent pas ou ne montent pas, ils sont considérés comme décevants… Aller faire match nul à Marignane qui occupe la quatrième place de la poule, faut-il le rappeler, est loin d’être un mauvais résultat.

Cette saison va nous permettre de tirer des enseignements majeurs pour le futur

Dans notre situation, il est évident qu’il aurait été préférable de s’imposer. Mais si on ne monte pas, je ne pense pas que ce sera sur ce match qu’il faudra avoir des regrets.

Où peuvent se situer les regrets selon vous ?

Je pense que nos contre-performances à domicile risquent de nous coûter chères. J’ai notamment en mémoire ce match nul contre Chasselay. Très sincèrement, c’est inadmissible de ne pas avoir remporté cette partie à tel point que c’est limite une faute professionnelle. Ce match nul face à Béziers nous laisse également pas mal de regrets car on avait vraiment la possibilité de mieux faire. Il reste cinq matchs à jouer mais si on ne monte pas, je pense sincèrement que ces deux matchs auront marqué un véritable tournant même si nos difficultés à l’extérieur n’auront rien arrangé non plus.

Puente Saragaglia OLEn cas de non-montée en National, pourrait-on parler de saison ratée ?

Non, je ne pense pas car une saison n’est jamais totalement ratée. Par contre, cet exercice va nous permettre de tirer des enseignements majeurs pour le futur. C’est déjà ce que l’on a tenté de faire cette saison par rapport à l’exercice précédent, c’est la raison pour laquelle notre situation actuelle est assez frustrante. Mais, on a vu où se situaient nos points faibles donc on va tout mettre en œuvre pour y remédier. Malgré un budget conséquent, on ne va peut-être pas atteindre notre objectif ce qui veut bien dire que la seul loi qui prime, c’est la loi du sport. On ne gagne pas un match dans les bureaux ou parce que l’on a plus de moyens que les autres. Ce n’est pas l’argent qui fait une montée. Au point de vue de la direction on a aussi appris. On a regardé, on a écouté, on n’a pas dit grand-chose mais on va commencer petit à petit à donner notre avis (sic).

A quels points faibles faites-vous référence ?

Je parle avant tout du sportif car au niveau administratif, je pense que les choses se passent plutôt bien.

On sera encore là l’année prochaine

Mais sur le terrain, quand on a une équipe qui n’a pas inscrit le moindre but depuis le 20 décembre à l’extérieur, il est impossible de monter en National.

Dans l’environnement du club, beaucoup s’inquiète d’un potentiel départ des investisseurs en cas de non-montée en National. Qu’avez-vous à dire là-dessus ?

Très franchement, on me pose constamment la question. Cela n’est pas lassant mais je vais répondre une bonne fois pour toutes c’est-à-dire que les investisseurs et moi-même sommes venus pour un projet, pas pour rester un an et faire nos valises ! Notre projet s’inscrit dans le moyen voire le long terme. Ce n’est pas un possible échec cette saison qui nous fera changer d’avis. Après, je comprends l’inquiétude des supporters et des amoureux du GF38 car ils sont passés par des moments très difficiles et ils ont peur qu’on les laisse de nouveau tomber. Il faut se mettre à leur place et c’est pour ça que je réponds volontiers à leurs questions en insistant sur le fait que l’on sera encore là l’année prochaine.

Puente OMQu’est-ce qu’une troisième non-montée consécutive impliquerait au niveau du club ?

Je pense que l’on partirait sur un budget moindre. Les investisseurs qui sont présents ont souhaité mettre de gros moyens cette saison mais cela n’a finalement pas changé grand-chose en termes de résultats. Donc je pense que si on évolue encore en CFA l’an prochain, on aura un budget plus en lien avec cette division. Je ne dis pas que l’on aura le plus petit budget de CFA car on sera encore l’un des plus gros budgets de cette division mais on ne va pas remettre en budget de National comme c’était le cas cette année. Personne ne regrette le fait d’avoir pris cette décision car s’offrir de bons joueurs et se donner les moyens de monter n’est pas une erreur selon moi. Ce sera simplement un pari raté si l’on n’atteint pas notre objectif. Concernant le Stade des Alpes, rien n’indique que l’on jouera ailleurs donc il n’y a pas de raison que l’on n’y soit plus la saison prochaine.

Votre projet de base, qui consistait à retrouver la Ligue 2 d’ici trois ans, se verrait modifié ?

Non car au préalable, on s’est donné cinq ans pour atteindre la Ligue 2.

Fédérer autour d’un club ne se fait pas du jour au lendemain

On avait décidé de réduire cette période pour booster un peu tout le monde. Mais qu’il y est montée ou non, le projet ne sera pas modifié

A l’inverse, si le GF38 parvient à monter en National, à quels changements faut-il s’attendre ?

Je dirais que tout sera à la hauteur du National, que ce soit le budget, l’effectif et le club en termes de structure. Au niveau recrutement, je ne parle pas de dix nouveaux joueurs mais sans doute trois ou quatre à des postes clés pour bien renforcer l’effectif.

Puente Rosay ChasselayEn arrivant au club, vous avez bien sûr souhaité mettre en place un projet sportif mais également un projet sociétal visant à fédérer autour du GF38. Quel bilan pouvez-vous tirer de cette ambition-là ?

Fédérer autour d’un club ne se fait pas du jour au lendemain. C’est un projet axé davantage sur le long terme. On a donc posé les fondements cette saison avec plusieurs contacts et manifestations avec les clubs de l’agglomération grenobloise. C’est quelque chose sur lequel on met un point d’honneur à avancer. Le bilan définitif se fera au bout de quatre à cinq ans. Si on arrive à créer une véritable osmose autour du club avec des échanges réguliers et bénéfiques à toutes les parties prenantes, on pourra dire que l’on aura réussi. On y travaille comme on travaille à construire le club.

En termes structurel, êtes-vous satisfait des fondations du club que le SASP a mise en place ?

Oui car je pense que les bases sont saines et les personnes qui œuvrent pour le club le font de manière efficace et professionnelle. On est parti de rien donc c’était important de reconstruite quelque chose de solide. Cela prend du temps de construire un club mais quand les bases sont solides et quand les personnes en place font correctement leur travail, on ne peut être qu’optimiste pour la suite.

Au niveau personnel, qu’est-ce que vous a apporté le fait d’être président du GF38 ?

J’ai vécu de belles choses tout en ayant connu certaines déceptions mais c’est vrai que cela m’a procuré beaucoup d’émotions qu’elles soient positives et négatives. Quand on ne gagne pas un match, je suis énormément déçu donc c’est arrivé quelques fois cette saison quand même (sic). Après, les belles émotions ont été plus fortes que les déceptions donc peu importe l’issue de cette saison, j’en garderai de bons souvenirs.

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