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Publié le 24/01/2014 09:00

Jean-Mathieu Descamps : « Je n’ai peut-être pas répondu aux attentes »

Arrivé au Grenoble Foot 38 lors de l’été 2012, l’attaquant formé à Montpellier avait terminé meilleur buteur du club la   … Lire la suite

Arrivé au Grenoble Foot 38 lors de l’été 2012, l’attaquant formé à Montpellier avait terminé meilleur buteur du club la saison passée. Avec le recrutement de Nassim Akrour, son temps de jeu a été considérablement réduit. Désormais blessé à la cheville, l’ancien martégal ne portera surement plus les couleurs grenobloises. Il évoque donc son aventure au GF38, sa relation avec les supporters, la concurrence avec Nassim Akrour mais également les chances de montée du GF.

Jean-Mathieu DescampsJean-Mat’, en ce début d’année, la mauvaise nouvelle est tombée : ta saison est terminée à cause d’une blessure à la cheville. De quoi souffres-tu exactement ?

Au jour d’aujourd’hui, j’ai deux ligaments rompus au niveau de la cheville. Je n’ai d’autres choix que de me faire opérer. Cette intervention chirurgicale aura lieu le 21 février. A l’issue de celle-ci, je pense en avoir pour cinq ou six mois d’indisponibilité. Déjà, je vais garder une attelle pendant cinq semaines puis ensuite je serais pris en charge par le staff médical. Ma saison prochaine est d’ores-et-déjà compromise sachant que je ne pourrais reprendre qu’au mois d’août. Or, je ne pourrais pas faire la prépa d’avant-saison et à cette période-là, les clubs ont déjà bien entamé leur championnat.

Depuis que tu es arrivé à Grenoble, on a vraiment l’impression que ta cheville te fait souffrir en permanence. Pour rappel, tu t’étais fait opérer à l’automne du névrome de la cheville.

Malheureusement, ce n’est pas qu’une impression. La saison passée, lors du premier match amical de la saison contre le SO Chambéry à Crolles, ma cheville a tourné. Rebelote lors du match suivant. Ce qui fait qu’à cette époque, je m’étais rompu un ligament. Cela ne m’empêchait pas de jouer mais c’était quand même handicapant. Personnellement, je venais d’arriver, j’avais envie d’aider l’équipe donc je choisi de jouer. La saison passée, j’ai même fait trois infiltrations lorsque la douleur était trop vive.

Finalement est-ce que tu n’aurais pas dû te soigner une bonne fois pour toutes, la saison dernière ?

Après coup, c’est toujours plus facile de voir qu’elle aurait été la bonne solution. Quand tu viens d’arriver dans un club, tu as envie de bien t’acclimater et de réussir. Si tu es déjà sur le flanc peu après ton arrivée, c’est difficile de trouver ta place une fois que tu reviens. Le club avait également des objectifs élevés, c’est-à-dire la montée en National et moi je voulais vraiment participer à cette aventure.

J’aurais dû inscrire au moins 20 but la saison dernière
Maintenant j’assume mes choix, c’est toujours moi qui est décidé de jouer et je n’ai jamais mis ça en avant lorsque j’ai été décrié. Je n’ai certes jamais pu être réellement à 100% de mes capacités ce qui fait que je n’ai jamais vraiment pu montrer ma vraie valeur. Mais encore une fois, je suis quelqu’un de responsable et je ne me cacherais pas derrière ça pour justifier mes performances que beaucoup ont considéré comme insuffisantes.

Pourtant la saison passée,  tu termines meilleur buteur du GF avec 14 buts en championnat. Quel était ton sentiment par rapport à cet exercice 2012/2013 ?

Quand j’ai signé à Grenoble, mon objectif était de terminer la saison avec au moins 12 buts. Sur ce plan-là, on peut dire qu’il a été atteint. En termes de statistiques, j’ai réalisé une saison correcte. Maintenant je pense que j’aurais dû inscrire au moins 20 buts, si l’équipe avait peut-être davantage joué pour moi. Donc je ne suis pas satisfait et j’aurais aimé en faire davantage. Surtout qu’on me rabâche souvent que sur mes 14 buts inscrits, cinq l’ont été sur pénalty et les autres n’étaient pas forcément décisifs. Je garderais un goût d’inachevé de cette saison mais j’ai bien conscience de ne pas avoir été extrêmement transcendant.

Quand tu évoques le fait que l’équipe ne jouait pas forcément pour toi, tu penses que le système mis en place par Olivier Saragaglia n’était pas celui qui mette le plus en avant tes qualités ?

Avant de me faire venir, le coach m’avait évoqué le projet du club et son projet de jeu. Cela ne me dérange pas d’évoluer seul devant, bien au contraire, mais après je suis davantage un joueur de remise et de surface. Je ne suis pas quelqu’un qui demande le ballon en profondeur sachant que je n’ai pas une grosse pointe de vitesse. De ce fait, pour pouvoir m’illustrer, j’ai besoin de joueurs de côtés qui centrent.

Avec Nassim, on aurait pu faire de bonnes choses ensembles
Chose qui se faisait que très rarement. D’autant plus que lorsque j’étais démarqué, certains joueurs préféraient jouer leur carte personnelle plutôt que de jouer la passe décisive. Je ne sais pas si c’était un problème d’entente avec moi mais c’était assez frustrant. Maintenant, à mon arrivée, le coach m’avait confié le rôle d’avant-centre, un rôle dans lequel je n’ai peut-être pas répondu aux attentes.

Tu penses que l’arrivée au club de Nassim Akrour symbolisait le fait que le club n’était pas satisfait de toi ? Comment l’as-tu perçu ?

Non, je ne l’ai pas perçu de la sorte car je pense vraiment que l’on aurait pu faire de bonnes choses ensemble. Pour l’anecdote, dans la semaine précédant le match de Monaco, on a fait une opposition à l’entraînement où l’on a été associé et l’on a chacun marqué un doublé. Malheureusement, on n’a pas su rééditer cette performance lors du match. Je me suis toujours bien entendu avec Nassim.

 

Quand tu vois que les deux premiers matchs de la saison tu n’es pas titulaire, quelle est ta réaction à ce moment-là ?

Je suis bien évidemment frustré mais je me dis que j’aurais sûrement l’opportunité de montrer ma valeur. Je suis titulaire à Rodez mais le coach choisit de me sortir à l’heure de jeu à 1-0 pour nous alors que je me sentais vraiment bien. Après je me suis fait opéré de la cheville et quand je suis revenu, j’ai encore eu un temps de jeu moins important. En tant que compétiteur, je ne peux pas me satisfaire de ça. Toutefois, j’aurais pu accepter un rôle de doublure si j’étais vraiment utilisé comme un joker comme ce fut le cas face à Martigues en début de saison. Mais sincèrement, quand je vois qu’à Mont-de-Marsan je ne rentre même pas et qu’à Tarbes, je rentre pour deux minutes, c’est vraiment très dur. J’ai eu ma chance contre Monaco, je n’ai pas su la saisir. Après le coach fait ses choix et je dois les respecter. Mais je ne lui en veux pas, c’est le football.

Durant cette période, l’opportunité de partir ne t’a pas traversé l’esprit ?

Tu te poses forcément des questions. Cependant, j’avais toujours pour ambition d’aider l’équipe et je me serais battu car ce n’est pas dans mon tempérament de lâcher. Même si j’avoue qu’à certains moments, le moral n’y était plus trop et comme je suis un joueur qui fonctionne beaucoup à la confiance, j’ai vécu des moments assez difficiles. Après, je ne suis pas seul, j’ai aussi une famille. Quand je vois que ma fille, qui est actuellement en CM1, a déjà changé huit fois d’école, je me dis que partir n’aurait pas été la solution.

Comment définirais-tu la relation qui est la tienne avec les supporters grenoblois ?

Je pense que ce n’est un secret pour personne que de dire que mes rapports avec les supporters étaient très mitigés. J’ai été applaudi quand je trouvais le chemin des filets puis j’ai été décrié dans les périodes de doute. Le fait est que quand je suis arrivé, j’ai eu du mal à trouver le chemin des filets puisqu’à la trêve, je n’avais inscrit que trois buts.

On est en dessous de ce que l’on est capable de faire
Je pense que ça n’a pas aidé à me faire adopter par les supporters. Au final, je n’ai sans doute pas été à la hauteur de leurs attentes pourtant j’ai toujours cherché à donner le meilleur de moi-même. Mais j’assume le fait d’avoir pu les décevoir. Pour autant, certains ont eu des propos déplacés envers moi qui m’ont blessé et quand tu n’es pas dans une période de grande confiance, ça te touche profondément.

Un mot désormais sur les performances collectives du GF38 depuis le début de la saison. A la veille d’affronter Rodez, vous occupez actuellement la troisième position de la poule à deux points du duo Monaco/Marseille Consolat. Est-ce que la phase aller est satisfaisante selon toi ?

Je ne pense pas. L’effectif du GF38 est composé à 90% de joueurs qui ont déjà joué à un niveau supérieur donc en toute logique, on devrait occuper la première place avec plusieurs points d’avance. J’ai vraiment le sentiment que l’on est en dessous de ce que l’on capable de faire. Après, il nous manque peut-être des joueurs typique du championnat CFA car c’est un championnat difficile où la dimension physique compte énormément. Et quand il y a trois ou quatre joueurs qui ne font pas forcément les efforts nécessaires, c’est tout le collectif qui en pâtie. Quand je vois qu’à Tarbes, on revient avec un match nul 2-2 alors qu’en face ils n’ont que deux occasions, ce n’est pas normal. Je pense qu’il y a un problème de mentalité. Toutefois, on prend beaucoup de buts sur des erreurs défensives évitables. Quand nous arriverons à les éradiquer, tout ira mieux surtout que l’on a la faculté de marquer à chaque match. Donc je ne suis pas inquiet pour la suite sachant que le coach semble vraiment avoir trouvé son schéma tactique.

Toi qui a déjà connu la montée dans la poule sud avec Martigues, quels sont les facteurs clés de succès pour terminer premier de cette poule et accéder au National ?

Il faut avant tout être présent dans les duels. Cependant, j’ai le sentiment que cette poule est aujourd’hui moins relevée que quelques années en arrière. Avant, il était vraiment très compliqué de s’imposer à l’extérieur. A l’heure actuelle, c’est peut-être un peu moins le cas. Jadis, les équipes étaient davantage truqueuses. D’ailleurs c’est un élément que l’on a du mal à assimiler à Grenoble, on est souvent trop gentil. Mais l’important est qu’aujourd’hui, on est toujours dans le coup. Ce sera serré jusqu’au bout car c’est aussi l’une des particularités de cette poule.

Quels seront les principaux adversaires du GF38 pour la montée en National ?

Par rapport à cette phase aller, je dirais Marseille Consolat, Martigues et Cannes, à moindre mesure. A court terme, l’objectif est vraiment de profiter de cette série de match à domicile pour faire le plein de points. D’ici à la fin de la saison, je pense qu’il faut tabler sur six victoires à domicile et deux ou trois à l’extérieur sachant qu’il ne faudra pas perdre ni à Consolat, ni à Martigues.

J’ai vraiment peur pour ma carrière
Selon moi, la montée se jouera autour des 75 points. Mais il faut absolument arrêter de perdre. On a de la chance que nos adversaires fassent des faux-pas également. L’année où je suis monté avec Martigues, on n’avait perdu que quatre matchs sur toute la saison. Maintenant, je crois que l’on doit aussi marquer les esprits. Autant la saison passée, on faisait peur, autant ce n’est plus trop le cas aujourd’hui. Quand on se déplace, on a l’impression qu’un petit doute nous habite, ce qui donne confiance à l’adversaire, peu importe sa qualité.

Malgré ta blessure, qu’est-ce que tu peux encore apporté à l’équipe ?

J’ai un peu le statut d’ancien dans le vestiaire donc je peux toujours venir parler aux joueurs et les conseiller. Depuis la tribune, je vois sûrement des choses qu’ils ne remarquent pas quand ils sont sur le terrain. De plus, je me dois aussi de les encourager car on est un groupe et que l’on a un objectif. Même blessé, je fais toujours parti de ce groupe. Toutefois, étant blessé, je ne peux pas me permettre de trop parler non plus car je n’ai pas la même légitimité qu’un titulaire ou qu’un joueur qui joue régulièrement.

descamps nancyUltime question, tu es en fin en contrat à la fin de la saison. Penses-tu poursuivre l’aventure à Grenoble ? Comment vois-tu ton avenir ?

Je pense sincèrement que l’on ne me verra plus sous le maillot grenoblois. A moins que le club me propose une année supplémentaire mais je n’y crois pas trop. Même si cela ne me dérangerait de poursuivre l’aventure en Isère, loin de là. Concernant mon avenir, l’objectif est déjà de bien me remettre de mon opération avec pour ambition de reprendre l’entraînement fin août. Maintenant, je ne vais pas te cacher que je ne sais même pas si je pourrais rejouer un jour, j’ai vraiment peur pour ma carrière. Dans l’hypothèse où ma blessure évolue favorablement, je pense avoir encore deux ou trois ans devant moi sachant que je vais fêter mes 31 ans. J’aimerai trouver un club qui me propose un projet à long terme avec une possibilité de reconversion car je passe actuellement mes diplômes d’entraineur.

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