François Keller (entraîneur du RCSA) « On vit la même chose »

François Keller (Crédit site officiel du RCSA)L’année 2013 débute sous les meilleurs auspices pour le Racing avec une victoire contre le leader, et la bonne nouvelle de la DNCG qui valide les comptes et vous permet de recruter avec confiance trois belles recrues?

François Keller (entraîneur du Racing Club Strasbourg Alsace) : « Pour Jean-Philippe Sabo et Guillaume Gauclin, ce sont des recrues sur des contrats amateurs et pour Yann Bénédick, c’est un prêt et Reims prend en charge le salaire. C’est quand même une bonne nouvelle, on reste fier d’être passé. Ca montre aussi la différence par rapport à quelques années en arière où on ne parlait pas de la DNCG. On avait l’actionnaire majoritaire qui assurait les finances. On a la même que vous pour avec une différence, des dernières années, on a eu une succession de 6 ou 7 dirigeants sans parler d’un président depuis Londres… Bref, il y a eu une accumulation d’erreurs qui ont conduit le club à la descente tout comme vous.
Cette bonne nouvelle (de la DNCG) montre qu’on est sur la bonne voie pour reconstruire le club sainement, sur des bases solides.« 

Le Racing a connu un mois de novembre compliqué mais semble bien reparti avec deux victoires d’affilées, et notamment la dernière contre le leader, de bon augure quand aux objectifs affichés?

« C’est même deux mois difficiles qu’on a vécu. En même temps, on vient de monter de CFA2 après avoir été relégué administrativment, on a pas la même marge de manoeuvre que les clubs qui étaient déjà en CFA. Sauf à faire un cycle retour parfait, ce sera compliqué. Mais on va conituner de jouer à fond, continuer à former des fondations solides, on ne reconstruit pas un club en une saison. On a la même histoire que Grenoble. Vu les ambitions et la situation, Grenoble et nous, on n’est pas dans les clous.« 

Les deux clubs vivent un peu la même histoire ces dernières saisons.

« Il y a deux particularités avec le match de Samedi. La première particularité de ce match (Strasbourg – Grenoble), c’est une affiche de Ligue 1 ou de Ligue 2 ou ça aurait pu être une affiche de clubs pros.
L’autre particularité, c’est que les deux coachs ont la même ambition et les mêmes contraintes. Le coach de Grenoble est le seul à connaître ce que vit vraiment notre club et moi. Et moi-même je suis le seul dans notre groupe à savoir exactement ce que vit Olivier Saragaglia comme contraintes tous les jours. L’attente est tellement forte autour de nos deux clubs mais un club se construit plus lentement qu’il ne se détruit. Ca, c’est ce qui est compliqué à faire comprendre aux supporters et aux gens qui aimeraient nous voir le plus rapidement dans les championnats professionnels.On doit être attentif à ne pas perdre trop d’énergie et trop de temps à expliquer tout ça car on a des choses plus importantes comme l’entraînement et tout ce qui tourne autour de l’équipe et du sportif.
Tous nos matchs sont compliqués et là encore c’est une autre particularité qu’on partage avec Grenoble, c’est qu’à chaque match, notre adversaire joue comme un match de Coupe de France. Quand ils jouent contre Grenoble ou contre nous, c’est l’image du club pro d’il y a deux-trois saisons, alors ça devient beaucoup plus compliqué pour nous. On vit la même chose.« 

Ce week-end va concentrer les grosses affiches en Alsace avec votre rival régional Mulhouse qui reçoit le leader, et le match Strasbourg – Grenoble…

« On a assez de soucis avec nos propres matchs. Quand on rencontre Mulhouse, c’est un derby mais avant d’espérer un faux-pas de Mulhouse, on doit d’abord se concentrer sur nos propres matchs. On doit faire attention à ne pas perdre notre jeu. On a commis des erreurs de collectif qu’on rectifiera d’ici la fin de saison. On a aussi souvent été malheureux dans certaines matchs. Si on arrive a garder une fluidité et la possession du ballon, à améliorer la qualité en terme de jeu, j’espère qu’on sera mieux placé à la fin. On ne regardera le résultat de Mulhouse si c’est ce que vous voulez savoir, on se concentrera d’abord sur notre match.« 

C’est dans le secteur offensif que vous avez effectué le plus grand turn-over, est-ce que le mercato va continuer avec des recrues offensives?

« C’est complètement terminé. C’est un problème collectif plus qu’individuel. Je ne crois pas au joueur providentiel lors du mercato en hiver. Nous on a su que très tardivement que l’on allait être en CFA2 et on se retrouve avec des joueurs qui ont eu des contrats avec une clause sur la montée jusqu’en juin 2013 donc on n’a pas pu faire évoluer notre effectif comme on le désirait réellement cet été. Grenoble a pu faire évoluer beaucoup plus son effectif. »

Est-ce que ce match va permettre d’assister à un nouveau record en nombre de spectateurs pour un match de CFA?

« Je ne sais pas. Les affiches n’influent pas tellement sur les affluences. On est un peu comme dans une pièce de théâtre, avec des personnes qui venaient voir des acteurs connus et qui continuent de venir au théâtre mais avec des acteurs qui gagnent à être connus. Les gens avaient envie de s’identifier à l’équipe qui gagne. Finalement, la saison dernière, on n’a été qu’un mois et demi en tête. Mais quand on gagne les matchs, les gens reviennent un peu plus nombreux et augmentent un peu la quantité stable de supporters qui nous supportent depuis longtemps.
Les supporters ont été la légitimité pour faire venir des joueurs. C’est parce qu’ils savent qu’ils pourront jouer dans un grand stade assez rempli qu’ils viennent aussi.« 

Tout comme Olivier pour Grenoble, vous parlez souvent de reconstruction du club, cela passe aussi par la formation?

« Nous, quand on a été liquidé, si on n’avait pas eu quelqu’un qui avait fait une proposition, même si ça na pas marché, on aurait fait forfait général. On a pu être récupéré très bas mais on existe encore. Mais la plupart de nos jeunes ont signé dans des clubs pros ailleurs. Maintenant, j’ai la frustration de voir des jeunes qui réussissent chez nous, nos U17 Nationaux sont premiers de leur poule, mais qui sont tout le temps supervisés par des clubs Pros qui viennent à tous nos matchs de jeunes pour nous piller. Les autres clubs pros Sochaux, Metz, Nancy et Le Havre sont là pour nous empêcher de sortir la tête de l’eau. J’aurai aimé plus d’élégance de la part de clubs pros, c’est un peu comme ça que je le vis. On forme des jeunes qu’on espère pouvoir voir un jour renforcer notre équipe première et ce sont d’autres qui en profitent. Je ne sais pas si c’est par méconnaissance ou alors une volonté de nous enfoncer la tête dans l’eau.

On a ce problème aussi avec les réserves des clubs pros qui parce qu’ils viennent jouer à La Meinau, mettent jusqu’à 11 joueurs pros dans leur équipes réserves alors que lorsqu’ils jouent contre St-Georges les Ancizes ne mettent que des amateurs ou des jeunes. J’ai beaucoup de respect pour l’entraîneur et le président de ce club pro mais ils faussent le championnat et nous font là des cadeaux empoisonnés qui ne nous aident pas à nous en sortir.

Ce sera différent pour le match contre Grenoble. Ce sera un vrai match contre une équipe qui a la même ambition, qui reste sur une grosse victoire et voudra enchaîner tout comme nous.« 

(Entretien réalisé jeudi 9 janvier)

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CD - 15 janvier 2013 CFA.